
Chaque année, des centaines de milliers de gnous, de zèbres et de gazelles traversent les plaines d’Afrique de l’Est à la recherche d’herbe fraîche. C’est la Grande Migration du Serengeti, l’un des plus grands spectacles de la nature sur Terre. Elle se joue entre la Tanzanie et le Kenya.
Le Serengeti, au nord de la Tanzanie
Le parc national du Serengeti couvre environ 14 800 km², soit près de 1,5 million d’hectares, au nord de la Tanzanie. Au nord, il touche la réserve nationale du Masai Mara, au Kenya. Les animaux passent d’un pays à l’autre sans tenir compte des frontières.
Protégé depuis les années 1940, le Serengeti est devenu parc national en 1951, selon l’Encyclopédie Britannica. Il est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1981.
On dit souvent que son nom vient d’un mot maasaï qui signifie « la plaine qui s’étend à l’infini ». Mais ce mot ne figure pas dans les dictionnaires maasaï.
Le paysage change selon les régions : de grandes plaines d’herbe au sud, des forêts le long des rivières à l’ouest, des collines et des bois au nord.
Comment fonctionne la Grande Migration
Les troupeaux suivent la pluie. De novembre à mai, ils broutent sur les plaines du sud-est. À la saison des pluies, chaque femelle gnou met bas un seul petit.
Quand la saison sèche commence, vers mai, les troupeaux partent vers l’ouest, puis vers le nord. Ils atteignent ensuite la rivière Mara, près de la frontière du Kenya. C’est la seule rivière de l’écosystème qui coule toute l’année, et elle offre assez d’eau pour plus d’un million d’animaux.
Vers novembre, quand les pluies reviennent, les troupeaux repartent vers le sud. Le trajet complet fait environ 800 km.

Combien d’animaux ? Les chiffres sont discutés
Le chiffre le plus souvent cité est d’environ 1,3 million de gnous pour la population migratrice du Serengeti-Mara, selon la Convention sur les espèces migratrices. Certaines sources donnent davantage, jusqu’à 2 millions.
En septembre 2025, une étude publiée dans la revue PNAS Nexus a compté par satellite, avec l’aide de l’intelligence artificielle, les animaux visibles sur les images d’une zone d’environ 4 000 km², dans le nord du Serengeti et au Masai Mara, en août 2022 et en août 2023. Pour 2023, les deux méthodes donnent entre 503 000 et 533 000 animaux détectés, soit moins de 600 000.
Mais ce n’est pas un recensement de toute la population : l’étude ne couvre qu’une partie de l’écosystème, à des dates précises. Les auteurs notent aussi que des zèbres peuvent être comptés avec les gnous, car les images ne permettent pas de les distinguer. Ils proposent de comparer les méthodes par satellite et par avion avant de tirer des conclusions.
Les estimations varient selon les méthodes de comptage et les zones étudiées. Ces résultats montrent l’importance de poursuivre les recherches pour mieux connaître la population migratrice. Une chose est sûre : la migration est immense.
Les prédateurs et les autres habitants
Le Serengeti abrite l’une des plus grandes populations de lions d’Afrique. On y trouve aussi des léopards, des guépards, des hyènes, des girafes, des éléphants et plus de 500 espèces d’oiseaux.
Les crocodiles attendent les troupeaux aux rivières Mara et Grumeti, où les traversées sont dangereuses.
Le rhinocéros noir, lui, a presque disparu du parc, où il reste très rare aujourd’hui.
Des menaces sur la migration
Côté kényan, des constructions et des clôtures ont bloqué certains passages. La population de gnous de Mara-Loita est passée d’environ 120 000 à 150 000 dans les années 1970 à environ 26 700 en 2024, selon des estimations du gouvernement kényan rapportées par la Convention sur les espèces migratrices.
Côté tanzanien, un projet de route à travers le nord du parc, évoqué depuis 2005 puis relancé en 2024, inquiète des défenseurs de la nature. Ils craignent qu’elle coupe le chemin des troupeaux.
Le braconnage et la pression de la population autour du parc restent aussi des défis.

Peut-on voir la Grande Migration ?
Oui, en Tanzanie et au Kenya. Mais les troupeaux ne sont pas au même endroit toute l’année : ils sont au sud-est de novembre à mai, vers l’ouest en juin et juillet, puis près de la rivière Mara plus tard. Les dates varient avec la pluie.
Avant de planifier un voyage, renseignez-vous auprès des parcs ou d’agences locales sérieuses.
Et vous, connaissiez-vous la Grande Migration ?
Quel autre site naturel d’Afrique aimeriez-vous découvrir ? Dites-le-nous en commentaire.
Sources
Fiche sur la migration des gnous, Convention sur les espèces migratrices : https://www.cms.int/fr/node/41605
Étude par satellite sur les gnous, PNAS Nexus (septembre 2025) : https://academic.oup.com/pnasnexus/article/4/9/pgaf264/8249339
Parc national du Serengeti, Wikipédia : https://en.wikipedia.org/wiki/Serengeti_National_Park
Parc national du Serengeti, Encyclopédie Britannica : https://www.britannica.com/print/article/535465
Photos d’illustration :
Gnous : Maurits Bausenhart (Pexels)
Lion : Denis Nemrudi (Pexels)
Savane : Dirk Pothen (Pexels)
