Les proverbes africains : la sagesse de nos grands-parents

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Nos grands-parents n’avaient pas de livres de conseils. Mais ils avaient les proverbes africains. En quelques mots, un proverbe résume des siècles d’expérience et nous apprend à bien vivre. Autrefois, on le transmettait à l’oral, le soir, autour du feu.
Aujourd’hui, nous vivons avec des téléphones et des réseaux sociaux. Ces phrases ont-elles encore quelque chose à nous dire ? Nous pensons que oui. Voici donc cinq proverbes africains, leur sens, et ce qu’ils nous enseignent aujourd’hui.
Pourquoi les proverbes africains comptent encore
Un proverbe n’est pas une simple jolie phrase. C’est une leçon de vie qui tient en une ligne. Dans beaucoup de nos communautés, on ne dit pas à un jeune « tu as tort ». On lui offre plutôt un proverbe, et il comprend seul.
Ces proverbes sont souvent présentés comme africains en général, et leur origine exacte est parfois incertaine. Mais ils reflètent des valeurs que l’on retrouve dans différentes cultures africaines.
Premier proverbe : marchons ensemble
« Si tu veux aller vite, marche seul ; si tu veux aller loin, marchons ensemble. »
Ce proverbe nous rappelle que les grandes choses ne se font jamais seul. Une personne peut avancer vite, mais seul le groupe va loin. En effet, celui qui partage ses idées et accepte l’aide des autres va beaucoup plus loin, dans une entreprise comme dans une association.
Deuxième proverbe : tout un village pour un enfant
« Il faut tout un village pour élever un enfant. »
Chez nous, un enfant n’appartient pas seulement à ses parents. Le voisin, l’oncle, la grand-mère et le maître d’école participent tous à son éducation. Ce proverbe nous rappelle donc que l’avenir des enfants est l’affaire de toute la communauté. Restons proches les uns des autres.
Troisième proverbe : les lions et leurs historiens
« Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, l’histoire de la chasse glorifiera toujours le chasseur. »
Ce proverbe est souvent cité comme africain, mais son origine exacte reste inconnue. L’écrivain nigérian Chinua Achebe l’a rappelé en 1994, dans une interview, comme « ce grand proverbe », sans préciser de peuple. Il signifie que celui qui raconte l’histoire choisit le héros. Pendant longtemps, d’autres ont raconté l’Afrique à notre place. Il nous appelle donc à prendre la parole, à écrire et à témoigner de ce que nous vivons. C’est exactement pour cela que Veyora Africa existe.
Quatrième proverbe : la bibliothèque qui brûle
« En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. »
Cette formule est attribuée à l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ. En 1960, devant l’UNESCO, il parlait de la mort des anciens comme de « l’incendie d’un fond culturel non exploité ». La version avec la bibliothèque est apparue peu après, au début des années 1960. Elle rappelle que nos anciens portent en eux des histoires, des recettes, des remèdes et des traditions. Beaucoup de ces savoirs ne sont écrits nulle part. Alors, asseyons-nous avec nos grands-parents, posons-leur des questions, puis transmettons leurs récits.
Cinquième proverbe : la forêt qui pousse
« Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse. »
Ce proverbe nous apprend à regarder le bien qui grandit en silence. Les mauvaises nouvelles font beaucoup de bruit. Pourtant, chaque jour, des milliers de personnes travaillent, étudient et construisent sans que personne n’en parle. Pour les jeunes Africains, c’est un encouragement : continuez à pousser, même si personne ne vous applaudit encore.
Et vous, quel est votre proverbe ?
Ces cinq proverbes africains ne sont qu’un début. Chaque langue, chaque famille et chaque village en possède des dizaines. Quel proverbe vos grands-parents vous répétaient-ils ? Que signifie-t-il pour vous aujourd’hui ?
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SOURCE
The Paris Review, « Chinua Achebe, The Art of Fiction No. 139 », interview par Jerome Brooks, n° 133, hiver 1994 : https://www.theparisreview.org/interviews/1720/the-art-of-fiction-no-139-chinua-achebe
Amadou Hampâté Bâ, discours à l’UNESCO (1960), références : archives de l’INA et Yacouba Konâté, « Le syndrome Hampâté Bâ ou comment naissent les proverbes », Quest, 1994 : https://en.wikipedia.org/wiki/Amadou_Hamp%C3%A2t%C3%A9_B%C3%A2
Historique de la formule de la bibliothèque (première trace écrite en 1962, Dominique Desanti, Côte-d’Ivoire) : https://barrypopik.com/blog/when_an_old_man_dies_a_library_burns_to_the_ground_proverb

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